Meeting de signature du Programme commun,1972  (Vidéo & Son) posté le dimanche 03 décembre 2006 23:05


Texte de Robert Merle.

A écouter pour relativiser ce qui se passe aujourd'hui et ne pas professer trop de connerie sur l'avenir.

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Sur les échéances de 2007  (Idées) posté le lundi 25 septembre 2006 23:00

Toutes les enquêtes d’opinion montrent que la majorité de nos concitoyens pensent que non seulement le libéralisme est incapable de répondre à leurs aspirations, mais qu’en plus il représente une menace pour leur avenir et celui de leurs enfants.

 

Cette majorité d’opinion risque de n’avoir aucune incarnation politique en 2007 : L’électorat se partageant entre l’abstention, un vote PS de renoncement à la transformation sociale, un vote ultra-libérale, et des votes populistes d’extrême droite ou communautaristes.

 

Comment sortir de cette contradiction, et faire que notre peuple prenne conscience que l’alternative au capitalisme ne relève pas de l’utopie ou du songe creux ? Comment en assurer la pérennité en faisant que notre peuple devienne l’acteur de central de la construction politique de cette alternative ?

Réussir tout cela, implique bien sur le rassemblement ad maxima des forces peu ou prou anti-libérales. C’est pourquoi, il faut une candidature unitaire, portant les couleurs de la transformation sociale. Cependant, je ne crois pas que l’unicité de la candidature suffise à produire l’équation 3%x5 candidats anti-libéraux >= 15 % pour une candidature unique. Certes la candidature unitaire est une condition plus que nécessaire, mais elle est fort loin d’être suffisante.

 

Le problème n’est pas seulement de dynamiter le bipartisme, l’hégémonie du couple maudit « libéral social » et « social libéral ». En effet, les deux dernières échéances politiques majeures, les présidentielles de 2002 et le référendum de 2005, ont été des camouflets terribles pour le bipartisme à la française, mais elles n’ont en rien crédibilisé la possibilité de construire une autre société, de dépasser le capitalisme, d’abolir le marché du travail. Elles ont par contre marqué avec force que notre peuple ne croit plus au conte de fée de la mondialisation libérale heureuse.

 

Or devenir crédible implique de s’affronter à une construction idéologique extrêmement forte que nourrit la contradiction entre le global et le local : Le sentiment d’impuissance, d’abandon, d’isolement, d'insécurité sociale de chacun, face aux mouvements incessants, des capitaux, des marchandises, des capitaux, des connaissances, alors qu’on reste rivé à son bout de territoire en étant vulnérable à toutes les concurrences. 

 

Ce sentiment, nous le rencontrons régulièrement dans les discussions avec nos amis, nos voisins, nos collègues de travail, les membres de nos familles,.. : « vous ne vous occupez jamais de mes problèmes ». Il est la base sur laquelle se construit toutes les tentatives de dresser les uns contre les autres, de diviser notre peuple.

 

L’emploi, le logement, l’école de qualité, la retraite,… sont considérés comme des denrées rares dont le seul mode de répartition imaginable serait le marché, dans jeu où il y aurait nécessairement des gagnants et des perdants. Selon le principe que « l’humanité ne se pose que les problèmes qu’elle peut résoudre », la seule question politique possible devient de savoir, si cette répartition par le marché se fait de manière équitable ou non.

Dans ce cadre, un des 1000 de Cachan qui arrache un logement, un salarié qui par la lutte, sauvegarde son emploi, sont vécus comme des concurrents et non pas comme des citoyens qui se battent pour le logement pour tous, pour l’emploi pour tous.

 

Avant lorsque, les Renaults gagnaient une semaine de congés payés supplémentaire, c’était gage que bientôt tout le monde allait bientôt en bénéficier. Aujourd’hui la mise œuvre pour une partie des salariés des 35h, s’est traduite par un profond sentiment d’injustice sociale et par une dégradation des conditions de travail de nombreux salariés.

 

Les mouvements sociaux sont au mieux perçu comme de grandes luttes résistances, mais nul ne les voit déboucher sur des avancées de civilisation pour tous comme en 1936 ou en 1968.

 

Sur ce terreau que se développe la tentative d’enfermer le débat politique dans un combat, stérile entre la solidarité et l’équité, entre le « on ne peut faire fasse à toute la misère du monde ») et l’humanitarisme mystique, entre l’économique et le social. On se retrouve enferrer dans les contradictions qui agitaient « la Bonne âme du Se Tchouan » de Bertolt Brecht.

 

Or, considérer comme un handicap le fait que la candidature unitaire puisse être issu des rangs du Parti communiste français, s’inscrit dans ce paysage idéologique.

 

Cela revient à refuser la politique, au non de sa crise, en pensant que spontanément la somme des mouvement sociaux, atteindrait une masse critique qui rendrait possible une alternative anti libérale.

Nous sommes là dans le registre de la croyance religieuse à l’instar des libéraux qui vaticanent que la somme des intérêts égoïstes grâce à la main invisible du marché produit l’intérêt général.

 

La faiblesse et les trous actuels du programme des comités unitaires anti libéraux est le reflet de ce besoin de politisation, pour être capable d’agir et penser localement comme globalement.  

C’est justement cette plus-value qu’apporte une candidature issue des rangs du PCF avec la capacité potentielle de maîtriser la contradiction local/global et de la renverser

 

La  campagne du référendum de 2005 a montré que le PCF ne prétendait ni l’hégémonie, ni au monopole du politique, par contre, l’intelligence de son action stratégique et son souci du populaire ont été déterminantes pour la victoire.

Il serait donc suicidaire de vouloir se passer de l’activité de milliers de militants et d’élus communistes qui ne feront pas campagne, s’ils ne se retrouvent pas pleinement dans la candidature unitaire[1].

 

Au regard de l’enjeu des élections de 2007, et de leurs suites, il serait catastrophique que le mouvement anti-libéral s'englue dans des discussions byzantines autours du choc de quelques ego, alimentées par des dénigrements ravageurs pour l’avenir ou par des hagiographies aussi pathétiques que ridicules.

De même, je crains le consensus qui voudrait que l’on choisisse comme candidat unitaire celui qui ne gène personne. Car on sait très que ce type de compromis débouche soit sur la médiocrité, soit sur la tyrannie.

C’est pourquoi, je considère aussi qu’une candidature issue des rangs du PCF est une garantie que le mouvement anti-libéral ne tombe pas dans les affres destructrices qu’a connu ATTAC

 

Nous n’avons pas le droit de manquer de 2007, car l’Histoire ne repassera pas les plats, les projets de toute la droite comme les non dit du PS et des Verts sont terribles. Ils s’agit pour les uns comme pour les autres de détruire, de la laïcité aux services publics, tout ce qui fait l’acquis progressiste de notre Pays et l’unité de notre peuple.

Yann Le Pollotec, le 25 septembre 2006



[1] Le désinvestissement militant n’a pas été pour rien dans les résultats médiocres de la liste « Bouge l’europe » et dans le score catastrophique du PCF le 21 avril.

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Proposition de système pour désigner un(e) candidat(e) unitaire anti-libéral(e) aux présidentielles  (Crétinisme Bobo) posté le mardi 19 septembre 2006 20:31

Faisons preuve d'humour

Pour dépasser le choc des ego de nos multiples prétendant(e)s à la candidature présidentielle unitaire antilibérale, il me semblerait salutaire d’utiliser comme mode de choix de l’heureux(se) gagnant(e), le système en cours dans la République de Venise pour désigner le Doge. 

Il reposait sur un mécanisme dont l'extrême sophistication était devenue fameuse, permettant de choisir les commissions de désignation, en enchâssant dix niveaux différents, tout en combinant l'usage du choix (l'élection) et celui du hasard (le tirage au sort).

Le point de départ de cet exemple d'ingénierie démocratique se situait à l'intérieur du Grand conseil (cela pourrait être pour nous l'aréopage de la cinquantaine de portes paroles plus ou moins autoproclamés…), parmi les membres duquel 30 personnes étaient désignées par tirage au sort, des mains d'un enfant aveugle; parmi ces 30 personnes, on en choisissait 9 par tirage au sort; ces 9 personnes en désignaient 40 (4 en désignant 5 chacune, les 5 autres en désignant 4 chacune); parmi ces 40 personnes, on en choisissait 12 par tirage au sort; ces 12 personnes en choisissaient 25 (1 en désignait 3 et 1l en désignaient 2 chacune) ; parmi ces 25 personnes, on en choisissait 9 par tirage au sort; ces 9 personnes en désignaient 45 (chacune de ces 9 personnes en désignait 5) ; parmi ces 45 personnes, on en choisissait 11 par tirage au sort; ces 11 personnes en désignaient 41 (8 en désignaient 4 et 3 en désignaient 3) ; enfin, les 41 personnes désignaient le doge, à condition d'atteindre une majorité qualifiée d'au moins 25 suffrages, leur choix devant être finalement approuvé par l'Assemblée populaire ( par acclamations).

La multiplication des différents niveaux de désignation, l'augmentation et la réduction successives du nombre des personnes concernées par la procédure, et surtout, l'alternance de l'élection et du tirage au sort, étaient capables de réduire fortement les effets "aristocratiques" générés par une procédure électorale classique (avantage acquis octroyé par le prestige du nom, campagne électorale coûteuse favorisant les candidats les plus fortunés, etc.), Quand bien même la désignation des commissions de désignation se jouait entre les représentants d'une centaine de familles, cette organisation complexe rendait impossible le contrôle de la procédure par telle faction ou telle famille.

Le seul problème est que les doges ont souvent fini pendu par le peuple de Venise.

 

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Donner le pouvoir au peuple ou être pris par le pouvoir.  (Idées) posté le vendredi 08 septembre 2006 18:00

A chaque échéance politique nationale[1], une question taraude le landerneau communiste : en cas de défaite de la droite, faut-il aller au gouvernement ? et si oui comment articuler cette participation avec le mouvement social, l’action du Parti ?

Depuis le printemps le PCF, est signataire d’une déclaration affirmant l’intention de « ne pas participer à un gouvernement qui serait dominé par le social-libéralisme ».

Cette pétition de principe a le mérite de la clarté mais elle demande aussi à être approfondie en particulier au regard des expériences de 1981-84 et de 1997-2002 qui ont été vécues à tort ou à raison comme globalement négative par la majorité des communistes.

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Il y a une différence de nature fondamentale entre la participation au gouvernement de la République, à une majorité parlementaire, et la prise de responsabilités dans des exécutifs locaux fussent-ils régionaux.

Pour la bonne et simple raison que les conseils municipaux, généraux et régionaux ne sont pas ni des Etats, ni des parlements au 1/72. Ils ne proposent, ni ne votent la Loi, Ils ne déclarent pas la guerre. Ils ne signent pas de traités internationaux. Ils ne sont pas colégislateurs des Lois européennes. La puissance des pouvoirs étatiques et législatifs, en particulier en France, est sans commune mesure avec les institutions locales

C’est pourquoi, je ne pense pas que le fait de participer avec le PS à la gestion d’exécutifs locaux puisse justifier de participer à un gouvernement ou à une majorité parlementaire. Et inversement le choix de non participation à l’échelon étatique ne condition en rien les choix locaux.

La question de la participation du PCF au gouvernement de la France, ou à une majorité parlementaire a toujours posé des problèmes particuliers et compliqués aux militants communistes et à la direction de leur Parti. Ils ne sont en aucun cas réductibles aux débats concernant les gestions municipales, départementales, et régionales[2].

 

Approfondir la question de la participation gouvernementale implique, d’abord un petit retour sur l’histoire de PCF et de ses différentes implications dans des majorités parlementaires ou des gouvernements.

 

1936 : le PCF rassemble plus de 15% des suffrages exprimés, il double son score en voix et pourcentage% par rapport aux législatives de 1932, dans le même temps son nombre d’adhérent passe de 32.000 à plus de 235.000. Décision est prise à Moscou que le PCF ne participerait pas au gouvernement de Front populaire. Il semble que Thorez était favorable à la participation, mais Staline était contre[3]. Faute d’intégrer le gouvernement, le PCF participe activement à la majorité parlementaire. Il occupe le « ministère des masses », et est en liaison étroite avec le Président du conseil Léon Blum (rencontre hebdomadaire Blum, Thorez, Duclos). Cependant, la politique de non-intervention en Espagne, la pression des forces réactionnaires sur les radicaux et sur la SFIO,… font que le front populaire se disloque bientôt. Pour Thorez, l’absence des communistes au gouvernement a été un des facteurs de désagrégation du Front populaire. C

 

1944-47 : Après avoir payer le prix du sang, Le PCF atteint son apogée électoral en réussissant plus du ¼ des suffrages des français. Il devient le premier parti de France. Il intègre entre 1944 et 1947 différents gouvernements tri partis (PCF-SFIO-MRP) avec puis sans le général De Gaulle. L’œuvre accomplie par les ministres et des parlementaires communistes est considérable et couvre tous les terrains : l’économique, le sociale mais aussi d’organisation de la république (le statut Thorez des fonctionnaires), l’éducation nationale (plan Langevin Wallon)…Cette oeuvre s’est ancrée sur les rapports de force et l’intense activité politique et syndical existant dans la société, et en particulier dans les grandes entreprises (Energie, mines, SNCF, Aéronautique, Automobile,…). Sous la pression de la guerre froide, le PCF est expulsé du gouvernement. Paradoxalement, la sortie des communistes est accueillie avec un certain soulagement par la base ouvrière du PCF qui a consenti d’énormes sacrifices pour la reconstruction, et qui voit dans le même temps ces conditions d’existence se dégrader. Lors de la première réunion du Komiform en 1947, le PCF voit sa politique depuis 1945, qualifiée par les soviétiques et les yougoslaves de « crétinisme parlementaire ». Notons, aussi que les questions coloniales ont joué leur rôle dans le départ des communistes du gouvernement, en particulier le développement de la guerre d’Indochine et les massacres de Madagascar.

 

1956 : Le PCF, reste incontournable à gauche avec plus de 25% des suffrages, il tente à la faveur des élections législatives de 1956, de réactiver une politique de front populaire avec la SFIO. L’un des objectifs prioritaires des communistes est d’obtenir la paix en Algérie, à cette fin en autres, les parlementaires communistes votent les pouvoirs spéciaux au gouvernement à dominante SFIO. Les socialistes s’empressent d’utiliser les pouvoirs spéciaux pour, au contraire intensifier la guerre et la répression en Algérie. Cette ignoble trahison des socialistes, enracinera chez des générations communistes, une méfiance viscérale vis-à-vis du PS[4].

 

1981-86 : Le PCF sort des élections présidentielles et législatives considérablement affaibli : il a perdu ¼ de son électorat et la moitié de ses députés. Les socialistes ont à eux seul la majorité à l’Assemblée. Dans ces conditions difficiles, la direction du Parti décide de la participation des communistes au gouvernement. Pour le peuple de gauche, l’heure est plus à la délégation de pouvoir qu’à la participation active. En cela, 1981 est l’anti 1936. « On a chassé Giscard, faite maintenant votre boulot ! ».Si dans leurs secteurs d’activités les ministres communistes sont à l’origine de mesures importantes (participation des patrons à la carte orange, nouveaux statuts de la SNCF, lancement de l’Airbus A320, statuts de la fonction publique territoriale,…), le poids du PCF sur les grandes orientations gouvernementales et législatives est extrêmement faible[5]. Malgré le tournant libéral de 1982, le PCF reste au gouvernement. Pire, il se laisse aller à signer en décembre 1983, une déclaration commune avec le PS, affirmant que le bilan du gouvernement Mauroy était déjà supérieur à celui de la Libération et du Front populaire. Après la fin gouvernement Mauroy, suite à des élections européennes désastreuses pour la gauche en général et pour les communistes en particulier, le Comité central du  PCF, décide en juillet 1984, de ne pas participer au gouvernement Fabius. Le PS, ayant à lui tout seul la majorité à l’Assemblée nationale, de juillet 1984 à mars 1986, le PCF n’aura aucune possibilité d’influencer l’action du gouvernement[6].

 

1988-93 : Le PCF ne participe pas au gouvernement mais les socialistes n’ont pas la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Cependant, le PCF reste impuissant à infléchir la politique du PS, qui sait pouvoir sur certain texte de loi s’appuyer sur le vote ou l’abstention complaisante de certains députés de droite. Les gauchistes multiplient les attaques démagogiques sur le non vote des motions de censures de droite par le PCF. Lors des élections législatives de 1993, les socialistes connaissent une véritable déroute tandis que les communistes reculent en pourcentage (-2%), et en siège (-4).

 

1997-2002 : Aux législatives de 1997, le PCF progresse par rapport à 1993 : +0,72% et +13 députés. Le PS a besoin des députés communistes pour avoir une majorité. La participation communiste au gouvernement est négociée par la direction du PCF et ratifiée en assemblée générale par les adhérents du Parti. Le discours d’investiture du gouvernement à l’Assemblée s’inscrit dans une orientation réellement de gauche. Le PCF se conforme religieusement au principe de la solidarité gouvernementale. Dans la stricte limite de la compétence de leurs champs d’action, le travail des ministres communistes a permis que soit fait des choix conformes à l’intérêt des classes populaires. Mais dès qu’ils ont été confrontés[7] à des dossiers européens ou à des affaires touchant les intérêts directs du capital, ils n’ont pu qu’éviter le pire au prix de batailles homériques[8].

Mais force est de reconnaître que le PCF, ses parlementaires, ses ministres n’ont eu qu’une influence marginale sur les grands choix politiques du gouvernement Jospin, surtout à partir de 1999. A l’exception de rares moments comme les grandes manifestations pour l’emploi de 1999 à Paris et de 2001 à Calais, ou comme l’action des salariés d’AOM, le mouvement social et l’action des parlementaires et des ministres communistes ont été déphasés. Notre Parti n’a pas su alors tirer les conséquences de l’évolution de gouvernement Jospin, surtout après les calamiteux sommets européens de Nice et de Barcelone, l’affaire du budget de la sécurité sociale. Il n’a pas pris non plus toute la mesure du piège anti-démocratique que constituait le quinquennat.

Certes, nous avons exprimé des fortes critiques[9], mais nous aurions du, sans nous préoccuper de la solidarité gouvernementale mais en toute responsabilité, porter les querelles qui nous opposaient aux inclinaisons sociales libérales de Jospin devant le peuple français, avec comme objectif prioritaire de l’amener à s’impliquer de manière décisive. C’était de toute manière l’unique moyen de faire bouger dans le bon sens le rapport de force. Malheureusement en nous enfermant dans le jeu institutionnel, nous avons manqué le coche et nous avons ouvert un boulevard aux gauchistes

 

Dans ce rapide historique on discerne les problèmes suivants :

  • La question de la prise de décision de participation.
  • La gestion de cette participation et la fameuse question de la solidarité gouvernementale. Ou comment faire pour que les communistes soient les passeurs de l’intervention populaire dans les institutions[10]..
  • La question de la nature du PS

 

La prise de décision

Même si le PCF a fait beaucoup de chemin depuis l’époque où la décision était prise entre Staline, Dimitrov et Thorez, même s’il y a le vote en assemblée générale, même si cette question est de manière récurrente objet de discussions à chaque Congrès, le choix et surtout les négociations le précédents ne doivent plus être l’apanage de quelques individus aussi légitime soit-il. Il faut que tout soit fait à ciel ouvert. Tout doit être débattu et tranché publiquement[11]. C’est une question de démocratie mais aussi d’efficacité.

 

La gestion de la participation

Le paradoxe du gouvernement de la Gauche plurielle tient dans le fait que le programme de législature énoncé par Jospin en 1997 devant le parlement n’était pas social libéral. C’est au fil du temps que la pratique gouvernemental a épousé un cour social libéral, d’abord par ce qui n’a pas été fait (droit de vote des étrangers aux élections locales) puis par ce qui a été fait (privatisation par exemple). Or face à cette dérive, le PCF en ne voulant ni faire la politique du pire, ni le jeu de la droite, a été tétanisé.

C’est pourquoi, je crois qu’il nous faut jeter à l’encan le très monarchique « principe de solidarité gouvernementale » qui a bien des égard a beaucoup de traits communs avec le « centralisme démocratique ». La solidarité gouvernementale doit s’arrêter là où commence les intérêts de nos mandants, c'est-à-dire bien sur nos électeurs mais plus largement tout ceux que nous visons à rassembler. Cela implique de faire une glanost permanente, sur les débats gouvernementaux et leurs enjeux, en essayant systématiquement d’y impliquer, d’y faire agir la population, avec une volonté d’union du peuple dans un esprit de justice et d’égalité.

Pourquoi pas, un compte rendu hebdomadaire dans l’humanité du Conseil des ministres vu par les communistes ?

Les communistes ne doivent pas se faire prendre par la techno structure[12] du pouvoir d’Etat, leur mission doit être d’être les passeurs de l’intervention populaire dans les institutions et tous les lieux de pouvoir. Ce qui peut impliquer aussi de savoir sortir ou se faire sortir d’un gouvernement dans la mesure où les intérêts des classes populaires sont fondamentalement remis en cause. Mais une telle sortie ne doit pas uniquement le résultat d’un choix de direction, il doit être aussi le résultat d’un authentique débat public. Il doit se vivre comme un moyen parmi d’autre de faire évoluer le rapport de force.

Si une majorité de gauche est élu en 2007, si elle veut réussir et durer. Elle devra, Gouvernement comme Parlement se mettre en situation d’illégalité vis-à-vis de nombres de directive européenne ultralibérale. La gauche, les communistes ne feront pas l’économie d’un affrontement directe avec la Commission Européenne, et l’ensemble des Institutions européennes.

 

La question de la nature du PS

Depuis que Mitterrand, le PS n’est plus un parti porteur d’une idéologie (la sociale démocratie), il est devenu une machine à conquérir le pouvoir, pour cela il joue des courants dominants mais il ne cherche pas à les créer. En 1971, le PS était pour la rupture avec le capitalisme, en 1981 il était avant tout anti-giscardien, en 1988, il jouait la carte de la « société civile »….C’est pourquoi le social libéralisme n’est pas une idéologie contrairement au libéralisme, mais une posture politique.

En fait le PS accepte les fonctions que les grandes institutions du capitalisme international (OCDE, Banque mondiale, OCM, Commission européenne, BCE…), ont d’évolué à la politique, à savoir :

*      Une fonction pédagogique autour du thème de la « fin de l’Histoire » et de l’absence d’alternative crédible. Il s’agit d’expliquer en fait qu’il n’existe jamais de plan B. Ou que si plan B., il y a, il ne peut conduire qu’aux pires cataclysmes. Les référendums français et hollandais ont fortement mis à mal cette fonction.

*      Une fonction d’amortisseur social, qui consiste sous couvert d’une pseudo solidarité à stigmatiser telle ou telle catégorie, tel ou tel peuple, à répartir au nom de l’équité la pauvreté sans jamais toucher aux revenus du capital. Le financement du rmi, du rma, la csg, constitue des exemples typiques de ce type de pratique.

*      Une fonction assumée de bouc émissaire : « c’est la faute aux politiciens, à leur corruption, à leur manque de courage, à leur conservatisme, à leur sensibilité aux résultats du suffrage universelle ».

 

Si à l’intérieur du Parti socialiste européen, le PS français fait figure d’exception presque « gauchiste » c’est uniquement parce qu’il y a une exception française dans l’Union européenne : Le libéralisme en tant qu’idéologie y est rejeté par la majorité de population[13].

L’une des missions de Ségolène Royal est de tuer les aspirations à la démocratie participative en les dévoyant et en les retournant contre le débat Politique avec un grand P.

A travers sa stratégie politique, il s’agit d’étouffer et de diluer tout ce qui est né le 21 avril, le 29 mai et lors du grand mouvement contre le CPE

Ségolène Royal, c’est l’anti De Gaulle. En effet le Général pensait que seul De Gaulle pouvait être le Président de la Ve République, avec Ségolène Royal chacun peut légitiment s’imaginer être Président de la République.

C’est pour cela qu’il est vain, à mon sens, de vouloir peser sur le PS, ou de soliloquer « plus jamais avec le PS ». Car la force du vote PS n’est que la traduction politique, du fait qu’une partie conséquence des classes populaires a pour l’instant renoncé ou a peur d’ « abolir l'état actuel des choses ». Donc, notre problème n’est pas tant d’aller ferrailler ou de composer avec le PS. Il est de faire que notre peuple s’empare de la politique, des institutions, justement pour abolir l’état des choses. Démentons concrètement l’infâme formule de Jospin affirmant que la politique ne pouvait pas grand-chose face aux « réalités économiques » et la question du PS deviendra caduc.

 

 



[1] Législatives ou présidentielles

[2] Les différences de territoires, de rapports de forces, de comportement des partenaires (PS, Verts, MRC, PRG, autres…) font d’ailleurs que lors d’une même élection, les communistes résolvent d’une manière différente d’un lieu à un autre la question de la participation aux exécutifs locaux. Par exemple, les communistes du Nord et du Pas-de-Calais ne participe pas à l’exécutif régional mais sont par contre dans les 2 exécutifs de leur Conseil général respectif.

[3] Pour ne pas effrayer les radicaux. Il existait aussi au sein du PCF et dans la classe ouvrière française, un courant historiquement hostile aux participations gouvernementales s’appuyant sur la mémoire de la trahison de Millerand, et sur la participation de ministres socialistes au gouvernement d’union sacrée de 1914 (Jules Gesde)

[4] D’autant plus que ce vote des pouvoirs spéciaux sera utilisé par les gauchistes contre le PCF en particulier en 1968. La participation des socialistes au premier gouvernement De Gaulle en 1958, ne fit qu’aggraver le score.

[5] Claude Cheysson, ministre des affaires étrangères en 1981-84, comparait l’influence des ministres communistes dans le gouvernement à celle de garçons de course dans une grande entreprise.

[6] Cette impuissance fut renforcée par le mode le scrutin des législative de 1986 : la proportionnelle départementale à la plus forte moyenne à 1 tour. Avec ce mode de scrutin le PS, n’avait nul besoin de l’électorat communiste pour se faire élire ses députés.

[7]

[8] Je pense en particulier à la naissance de RFF, à la privatisation partielle d’Air-France, aux pressions pour l’ouverture du capital de la SNECMA, à la naissance et à la stratégie industrielle d’EADS.

[9]  « Si elle continue ainsi la gauche va dans le mur » dixit Robert Hue à la fête de l’Humanité en septembre 2000.

[10] Pour prendre les accents de Michelet, le ministre communiste ne devrait-il pas être le concierge de la forteresse institution qui ouvre une poterne dérobée pour que le peuple s’en empare.

[11] Impossible me direz vous, mais les traités diplomatiques étaient secrets jusqu’à ce que Lénine impose avec la Révolution d’Octobre d’autre norme internationale. D’où le caractère public des négociations de Brest Litskov.

[12] Techno structure dont il ne faut pas nier l’efficacité et l’utilité.

[13] Sondage du figaro du 1er septembre 2006:

Le système de la libre entreprise et de l’économie de marché est-il le meilleur pour l’avenir ?

 

OUI

NON

France

36

50

Italie

59

31

Espagne

63

28

Allemagne

65

32

Grande Bretagne

67

27

USA

71

24

Chine

74

20

 

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Copé voleur ! Tu dois rendre l’Argent !  (Crétinisme libéral) posté le lundi 28 août 2006 00:20

D’après le ministre Copé, L’Etat a amassé entre 1 et 3 milliards d'euros de surplus fiscaux.

Au lieu de l’investir dans les hôpitaux, la recherche, les transports publics, le logement social,…le ministre Copé a décidé d’en faire cadeau aux marchés financiers sous couvert de remboursement de la dette publique.

Le ministre Copé oublie simplement de dire que cette dette est le résultat de 20 ans de politique de cadeaux fiscaux aux entreprises, de dépenses somptuaires en faveur du privé (campagnes de communication, externalisations d’activité,..), de la privatisation des banques (y compris de la Banque de France) qui a forcé l’Etat a emprunté au prix fort sur les marchés financiers, de la professionnalisation de l’armée, et de la politique de l’Euro fort.

Assez payé le service de la dette aux marchés financiers !

L’argent du peuple doit aller au besoin du peuple !

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